À propos de Werner

 

Werner Moron, artiste belge actif à la fois sur la scène locale et internationale, est l’initiateur de la méthodologie qui est à l’origine du projet « Real Path » et de la Galerie virtuelle « TRAJET REEL ». Son oeuvre est faite de formes aussi variées que la performance, l’action, la sculpture dans l’espace public ou la vidéo, mais possède des constantes sur le fond. Principalement, une perspective critique sur
« le monde de l’art », sur son fonctionnement économique et l’élitisme de ses acteurs. Le spectateur possédant selon lui un répertoire symbolique propre à activer, il appelle aussi dans ses écrits à faire un art politique et symbolique, poétique et participatif. Avec pour mot d’ordre de permettre aux spectateurs la réappropriation des espaces publics et symboliques pour en faire des lieux créatifs et engagés, il a mis en place des projet artistiques interactifs et des ateliers socio-artistiques.
« Le Wall Street de nos désirs et de nos désillusions » est un processus artistique qui « parle des perspectives réelles à l’intérieur desquelles nous voyons l’avenir d’une économie alternative qui a pour objectif d’abattre Wall Street » et qui se déroule en trois actes. D’un côté, des conférences-performances pendant lesquelles l’artiste, entouré de professionnels de tous milieux, devient aux yeux du public le « banquier d’en face ». Sur un site internet, par ailleurs, le public est invité à « jouer en bourse » une valeur qui lui tient à coeur, incarnée sous la forme de son choix : chanson, photographie ou oeuvre multimédia, tout est envisageable. Chaque participant peut aussi miser sur le courage, la persévérance, ou l’humilité – toutes les valeurs proposées par les autres participants – et voir évoluer le cours, la crédibilité publique de « sa valeur », au gré des mises de chacun. « L’idée, c’est qu’on se réapproprie les mots qui nous ont été volés et qu’on les retraduise par notre pouvoir symbolique. » Le troisième axe, « l’Université du doute », est conçu comme un outil de médiation entre la banque et le public participant.
Ces trois axes sont, au-delà de l’oeuvre, trois des ingrédients-clés de l’intervention socio-artistique, noyau du projet « Real Path ». Elle nécessite de créer un temps pour l’action artistique et le savoir-faire des intervenants, un espace pour l’action participative et la reconnaissance des valeurs du participant, incarnées dans une oeuvre, et une place constante pour la médiation, qui lie les deux gestes.

La méthodologie Trajet Réel – Trajet Rêvé

 

C’est une méthodologie développée par Werner Moron destinée à des animateurs socio-artistiques qui voudraient mener des ateliers, avec un public qui puisse être à la fois diversifié socio-culturellement et extérieur au monde de l’art, en leur donnant une liste d’ingrédients pratiques et conceptuels pour donner du sens aux ateliers. L’idée de Trajet réel – Trajet rêvé, c’est d’accompagner les participants dans la production d’une oeuvre basée sur leur expérience personnelle, sur un récit autobiographique, en les amenant au processus créatif par étape.
Pendant Trajet Réel, le participant réalise un travail d’observation de son environnement immédiat, d’introspection, de récit minutieux d’un souvenir personnel. On cherche pendant cette phase à ce qu’il prenne de la distance vis à vis de son environnement immédiat, pour pouvoir observer son quotidien d’un oeil extérieur.
Le Trajet rêvé, c’est le réajustement symbolique du Trajet réel. On introduit un élément incongru dans le quotidien, dans le décor du récit, et on observe la manière dont ça va affecter toute la trame du Trajet Réel. De ce renversement du souvenir objectif, que le participant va partager au groupe, il va extraire un mot, un concept, qui résume l’impression forte qui se dégage du récit. Et c’est autour de ce mot qu’il va alors travailler. Il va s’attacher à l’incarner dans une oeuvre grâce aux « principes actifs de l’art », accompagné par l’animateur socio-artistique et par ce que Werner appelle le « biotope de l’art ».
Il faut en effet s’attarder un peu sur le vocabulaire qu’il emploie, les notions qu’il développe, pour prendre possession de sa méthodologie.
♦ La session plénière : C’est le moment où l’ensemble du groupe se retrouve. Il peut se représenter sous la forme d’un triangle, où l’on trouverait à chaque sommet : le principe d’accord « d’être quelque chose ensemble » d’abord, les participants et le biotope artistique ensuite, et enfin les institutions et associations partenaires (etc.). C’est une part importante du processus puisque c’est pendant la session plénière qu’on crée un atelier de co-construction fait de son propre système hiérarchique, de sa propre cadence, du choix de la place laissée à la prise de parole ou aux moments de silence. Elle intervient aussi à différents moments de « Trajet Réel – Trajet Rêvé » pour stimuler la créativité des participants : le récit du groupe et le fait même du collectif sont indissociables du processus.
♦ Les principes actifs de l’art : « C’est ce qui, dans le processus artistique peut être directement exploité par tout un chacun sans qu’il n’ait besoin de pré-requis, de savoir-faire spécifique, d’une connaissance de l’histoire de l’art, etc. » C’est ce qui marche tout de suite, qui n’agit pas seulement consciemment, mais aussi corporellement, qui procure par exemple un sentiment d’intimité face à une oeuvre etc.
♦ Le biotope de l’art : C’est réunir les conditions matérielles, humaines, techniques, technologiques et psychologiques pour permettre la création artistique. C’est pouvoir, à différentes étapes du processus de création, et surtout au moment de la post-production, faire appel à des professionnels qui maîtrisent certains gestes techniques. Cela nécessite que l’on sorte du culte du savoir-faire absolu, qu’on accepte l’idée d’un artiste qui serait réalisateur, chef d’orchestre de l’oeuvre, et qui conduirait ainsi les gestes techniques de son environnement, pour approcher le plus possible de sa vision intérieure.

 

Cette méthodologie, c’est aussi un savoir-faire dont l’intervenant socio-artistique en devenir doit faire l’expérience réelle, guidé par un ensemble d’ingrédients pratiques et conceptuels, pour pouvoir naviguer entre exigence artistique et accompagnement dans la bienveillance des participants. Il doit pouvoir attiser le désir de création et d’exigence chez le participant, lui permettre de s’approprier sa créativité, sa vision intérieure et son répertoire symbolique et poétique propres, tout en s’assurant de son bien-être dans le groupe et au sein du processus créatif. Mais il doit aussi pouvoir composer avec les aléas humains qui peuvent survenir pendant la durée de l’atelier sans faire émerger des situations qui sortent de l’intervention socio-artistique (pour rentrer par exemple dans le cadre thérapeutique).

Trajet réel / Trajet rêvé : la médiation artistique pour créer un espace de dialogue social

 

Le nom du projet Erasmus+, mené par quatre organisations européennes entre avril 2017 et mars 2019, offre à lui seul quelques éléments pour comprendre le projet. Il donne des indices sur sa parenté avec la Galerie Virtuelle, dernière métamorphose du projet, et avec la méthodologie « Trajet Réel – Trajet Rêvé », matière première de sa réflexion et de son action. On peut aussi deviner l’enjeu principal du projet : créer – à travers des ateliers socio-artistiques en co-construction, une approche interculturelle, et la pédagogie non-formelle – un espace de dialogue social. Cet espace de dialogue social a lui pour vocation d’offrir un lieu de reconnaissance des identités, de valorisation de l’expression individuelle et artistique. Il se veut aussi un moyen de s’approprier et de développer des compétences dites « douces », facilitant ainsi l’accès à l’emploi.
« Real Path » se situe toutefois dans le champ de réflexion et d’expérimentation d’un certain nombre d’acteurs du travail social et de la médiation artistique, qui cherchent à sortir de la dichotomie « art utilitaire et récréatif d’un côté, art recevable car désintéressé de l’autre ». L’art ne constitue pas ici qu’un médium du travail social, un prétexte ou un outil pour aborder et résoudre certaines problématiques; tout comme la perspective sociale du projet ne s’est pas focalisée sur l’idée d’amener à l’art, à une culture rigoureusement délimitée, un public qui en serait privé. Ce qui semblait important aux acteurs du projet, c’était de proposer une approche artistique qui accompagnerait les participants vers une autonomie créative et la réalisation d’une oeuvre, fruit de ce processus, en créant des conditions et une dynamique qui permette de traiter les problématiques « sociales » déjà évoquées.
Le département « Art, Nature, et Innovation » de l’association belge de protection de la nature Natagora, « Cabuwazi » , le cirque allemand destiné à la jeunesse, l’association française Elan Interculturel et la fondation hongroise, Artemisszio, spécialisées toutes deux dans la question interculturelle, ont pour ce faire réunis des domaines de compétences très variés. Ils ont croisé approche interculturelle et champs de la médiation et de la création artistique, dans des domaines aussi divers que la vidéo, le graphisme, le son, ou les arts vivants.

« Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission Européenne. Cette communication n’engage que son auteur et la Commission n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues. »

Contact@trajet-reel.com

Ce site a été conçu par Orane Stockli en collaboration avec les membres de l’association Elan Interculturel, Mena Yassa et Emilie Brigouleix.

Réalisation rendue possible grâce au concours des associations Natagora, Elan Interculturel et fondation Artemisszió, et du cirque Cabuwazi.